Alors même qu'on entame 2019, avec son lot de résolutions pour la nouvelle année, quoi de mieux que prendre quelques minutes pour faire un petit bilan sur l'an passé, ses points forts, ses moments marquants et son lot de nouveaux défis. Pour ma part, un aspect se démarque de 2018 et motivera certainement mes projets de la nouvelle année... En espérant en inspirer d'autres!

Prologue

À pareille date l’an passé, je ne pouvais définitivement pas me définir comme un coureur. Je pratiquais certes occasionnellement la course à pied comme façon de diversifier mes activités, entre les sorties d'escalade, le vélo, la randonnée …, mais jamais de façon assidue avec des objectifs précis. C’est que je ne peux pas vraiment dire que la course sur route m'avait à ce point accroché pour en faire mon sport de prédilection. Ça ne m’avait pas empêché de participer dans le passé à quelques courses, le demi-marathon (21.1 km) étant ma plus longue distance jamais courue en continu. Malgré tout, à chaque début d'été, revenait le projet "fou" de m'inscrire à un marathon, mais le manque de motivation à m'entraîner au cours de l'été me décourageait finalement à concrétiser le projet. Je suis persuadé que plusieurs se reconnaissent ici!

Le projet (fou...)

De retour à mai 2018, cette fois, j'avais vraiment besoin d'un nouveau défi important. La participation (et 2 médailles) au Pentathlon des Neiges au cours de l'hiver a certainement réveillé mon intérêt pour les événements sportifs. Le fameux projet du marathon est encore revenu, un peu au même moment où je prenais conscience de l'engouement qui plane pour la course en sentier. Cette idée de dépassement physique, combiné à un contexte d'aventure en forêt m'a séduit immédiatement. Ayant lu quelques récits et articles (merci entre autres Jean-Sébastien Massicotte) sur le fameux et mythique Ultra-Trail Harricana (UTHC), ce n'est pas long que mon choix s'est d'abord arrêté sur le 42km de l'UTHC. Je dis bien "d'abord", car alors même que je me suis finalement décidé à me lancer et à m'inscrire, j'ai réalisé que la distance de 42 km n'est offerte qu'aux années impaires... et nous sommes alors en 2018. Les options sont donc 28 km ou 65 km.

" 65 km? Non non non non non, tu n'y penses même pas..." me dit Isa lorsque je lui expose la situation.

Finalement, même si j'aurai pris quelques jours pour y penser (ou plutôt pour qu'Isa se fasse à l'idée), mon idée était déjà faite dès le départ. Le 8 septembre 2018, je serai sur la ligne de départ d'un 65 km reliant le Parc national des Hautes-Gorges au Mont Grand-Fonds.

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Un premier test

Donc si l’on résume, nous sommes au début de l'été 2018, je suis inscrit à un 65 km, je n'ai jamais fait de course en sentier, en plus de ne pas être un coureur régulier. J'ai du pain sur la planche.

Je profite donc des superbes sites de la région de Québec (Mont Wright, Lac-Beauport, rivière St-Charles, Mont-Sainte-Anne, Stoneham) pour faire mes premiers pas en course en sentier. Je prends rapidement mes aises, surtout une fois avoir appris (à mes dépens...) quelques règles de base : 1) ne pas regarder l'allure sur sa montre GPS; 2) ne pas se fier à son allure de course sur route; 3) il est normal de marcher dans les montées et 4) faire attention à ses chevilles... Ce n'est pas long que je prends conscience que je suis bien plus dans mon élément sur sentier que sur route.

On arrive finalement fin juin et je suis toujours super motivé par mon défi de septembre (une première contrairement aux années précédentes). Le Québec Méga Trail est prévu dans quelques jours et je vois alors sur les réseaux sociaux un coureur qui vend son dossard pour l'épreuve du 25 km. Bon, c'est encore loin d'être comparable à 65 km, mais je rappelle que ma plus longue distance en continu à mon actif est 21 km... sur route. J'en conclus donc que ça serait un bon premier test...

QMT 2018

Deux jours après m'être inscrit, c'est avec un temps humide et incertain (veille d'alerte de canicule) que je me présente, un peu désorganisé, sur la ligne de départ. J'oublie de partir ma montre assez à l'avance pour qu'elle capte le signal GPS, je n’entends pas très bien les directives d'avant-course, je suis un peu surpris par le signal, mais m'élance tout de même finalement sur les premiers mètres... à la suite de quelques centaines de personnes. Rapidement le sentier se resserre, ce qui me permet de faire mon premier apprentissage en compétition : bien se positionner au départ (et ne pas trop se sous-estimé). Alors que je ne demande qu’à foncer, je me retrouve alors coincer, à marcher derrière d'autres "coureurs", tout en tentant de furtifs dépassements lorsque le sentier (et les coureurs) le permet. Après 3 ou 4 kilomètres (principalement en montée), le pack s'étire finalement, ce qui me permet de prendre mon rythme. Au premier ravito, après une dizaine de kilomètres que je n'ai pas vu passer, je me surprends à rigoler avec les bénévoles, dont une flamboyante qui dit me reconnaître avec mon t-shirt jaune fluo, m'ayant dépassé en auto sur le boulevard Sainte-Anne. Une banane et quelques bretzels plus tard, je repars en remerciant les bénévoles (étant dans l'organisation d'événements, je sais à quel point ils sont précieux et essentiels)!

Alors que les kilomètres défilent sans que je m'en rende compte, bien absorbé dans mes pensées, je fais un autre apprentissage, positif cette fois. La course en sentier est d'abord et avant tout une épreuve avec soi-même, d'introspection et de réflexions, ce qui n'empêche pas les rencontres agréables lorsque ton rythme s'accorde avec un autre compatriote sur quelques kilomètres.

Le terrain s'enchaîne alors rapidement : pistes de vélo de montagne, singletrack vallonneux entre les arbres, puis finalement une traversée de rivière, ce qui m'amène au fil d'arrivée après 2h34min. Première réflexion à l’arrivée : ma perception de l'effort après ce 25 km est beaucoup moins grande que je ne l'aurais pensé. Je suis donc super satisfait et bien encouragé pour la suite. Je suis tout de même curieux de découvrir mon résultat, car étant parti bien en arrière du peloton, j'ai eu de la difficulté tout au long de la course à évaluer ma position. Quelques connaissances à l'arrivée (un peu étonnées) me félicitent pour ma bonne performance. Je ne comprends alors pas vraiment pourquoi étant persuadé arriver en milieu de groupe. Ce n'est que plus tard que j'apprendrai ma 23e position... sur 237 participants.

Les progrès

C'est donc gonflé à bloc, bien motivé que je poursuis mon entraînement. Commuting jusqu'au boulot, sorties avec Isa et Laïka lors des belles fins de journée d'été, sorties solos, etc. Le tout me permet de peaufiner mes apprentissages, mais surtout mon équipement. Utiliser un sac d'hydration ou des flasques souples? Certains gels qui passent bien, d'autres moins... Les souliers sont confortables en les enfilant, moins en courant, etc.

Juillet se déroule bien. J'ai même l'occasion de tester à nouveau ma progression lors du Trail du Massif du Sud, pour un 21 km, avec tout de même 1000m de D+. Cette fois, je ne refais pas la même erreur. Je me retrouve rapidement dans le devant du peloton. Peut-être même un peu trop, je ralentis finalement un peu le rythme, tout en appréciant les paysages incroyables et la diversité de terrain qu'offrent cette course. La signalisation impeccable, les ravitos débordants, les bénévoles et l'organisation sans faille me font ainsi traverser la ligne d'arrivée en 2h27min, ce qui me donne une belle 5e place. Je suis plus que comblé et encouragé par ce beau résultat, mais le plus important est le nouvel apprentissage. Ayant fini ce 21km en presque le même temps que le 25 km du QMT, je sais maintenant qu'il ne sert à rien de se fier uniquement à la distance ou au D+ pour évaluer son temps, le type de sentier y joue pour beaucoup aussi (roches, racines, passages techniques, etc.).

Les derniers préparatifs

Le mois d'août passe beaucoup trop vite. Je maintiens mes entraînements, mais je repousse toujours mon projet de longue sortie "test" (idéalement un 30-40 km). Septembre se pointe le bout du nez et je dois m'y résoudre : au-delà d'une trentaine de kilomètres, je serai en terrain inconnu. Avec les expériences positives de l'été, je reste toutefois confiant. De plus, j'ai tout de même une bonne connaissance de ma résistance et de mon endurance, que j'ai pu dans le passé tester lors de défis différents (longues randonnées de plusieurs jours en autonomie, longue sortie à vélo, etc.).

Reste que dans la semaine précédant le jour J, viennent les questions de l'entourage :

"Es-tu prêt? C'est quoi ta plus longue distance en entraînement? J'imagine que tu as plusieurs marathons à ton actif? Depuis combien d’années t’entraînes-tu? ..."

Connaissant les réponses, ce n'est rien pour renforcer ma confiance... Je bégaye quelques réponses vagues pour ne pas avoir à faire face à leur étonnement (et pour garder confiance...).

Le jour J

C'est pratiquement avec soulagement que la dernière semaine passe en coup de vent. Je me retrouve sans trop m'en rendre compte à l'Église de La Malbaie, le vendredi soir précédant, pour la récupération des dossards et la réunion d'avant-course. L'ambiance est exaltante, on sent la frénésie dans l'air. Les coureurs posent leurs dernières questions. Pour ma part, rien de nouveau, j'ai lu le guide du participant au moins 5 fois en détail. J'en ressors tout de même un peu nerveux... il est pratiquement déjà 20h, je n'ai pas soupé, mon équipement n'est pas encore fin prêt, je veux essayer d'avoir quelques heures de sommeil, le tout pour un départ en autobus à 5h am le lendemain matin.

Je rejoins donc rapidement mes meilleures acolytes et regagne le motel. Entre deux bouchées du duo spaghetti-pizza de chez Mikes (probablement pas le meilleur repas précourse, mais que voulez-vous, c'est ce qui rentre bien), je fais les derniers préparatifs de ma veste de course. Encore un peu de nervosité ici car ça ne rentre pas aussi bien que je l'avais imaginé. Je me questionne sur la paire de bas de rechange, j'hésite à emporter les bâtons, quelle quantité de gels, etc. Je trouve finalement une configuration qui me satisfait, prépare le gruau et smoothie qui me serviront de déjeuner dans quelques heures, et réussit tant bien que mal à gagner le lit vers les 22h30.

Après ce qui m'a semblé 5 minutes, le cadran sonne. Matin de course ou pas, la routine du café matinal est primordiale. Je réussis tant bien que mal à manger mon "délicieux" gruau (sérieusement, est-ce que vraiment les gens aiment ça?) et quelques bouchées de beurrée de beurre de peanuts. Mon smoothie sera pour la navette. Un bisou à Isa et Laïka, que je reverrai, si tout va bien, au fil d'arrivée dans quelques heures, puis direction l'Église de La Malbaie. C'est un bon vieil autobus scolaire jaune qui nous servira de navette jusqu'au site de départ, le très scénique Parc national des Hautes-Gorge-de-la-Rivière-Malbaie. Je compte bien profiter du transport pour piquer un petit somme. Toutefois, les conversations des coureurs d'expériences aux alentours réveillent rapidement ma nervosité. Ils remettent en question ma décision d'emporter mes bâtons, mon plan d'habillement pour le départ, le choix entre la casquette ou le Buff, jusqu'à l'anticipation de certaines sections du parcours.

Je suis donc pratiquement soulagé lorsqu'on arrive et que je peux descendre de l'autobus pour me concentrer sur mes préparatifs avant le départ. Même si nous ne sommes qu'en septembre, dans Charlevoix, il ne fait pas chaud le matin. Le 3oC ambiant me fait repousser le plus possible le moment où je vais aller porter mon drop bag contenant mon linge chaud. Bas changés, souliers enfilés et bien lacés, derniers ajustements sur le sac fait, il ne me reste plus qu'à charger mes gels. J'hésite toujours sur la quantité à emporter, comme ce sera pour moi une première expérience sur une aussi longue distance en continu. Je décide donc de suivre les sages conseils de mon père : "Un peu c'est bien, beaucoup c'est mieux"... En rétrospective, j’en avais suffisamment pour me soutenir au moins 4 jours …

Enfin prêt, je franchis donc la clôture qui délimite la zone de départ. J'y suis enfin, je ne peux plus reculer. Je dépose mon drop bag, puis il ne me reste plus qu'une étape. J'y ferai alors mon dernier apprentissage : si tu ne veux pas stresser avant un départ, assure d'aller le plus tôt possible aux toilettes. La file d'attente a tendance à s'étirer rapidement quelques minutes avant un départ...

Ça y est, après plusieurs mois d'anticipation, de visualisation et de motivation, le décompte est lancé. Le moment est féerique et semble s'arrêter. Les rayons du soleil percent au travers des quelques nuages gris qui couvraient le ciel il y a quelques minutes. C'est au son épique de la cornemuse que je m'élance de la ligne de départ et commence cette aventure.

L'épreuve

Les premières centaines de mètres sur la route du Parc, au milieu de la splendide vallée de la rivière Malbaie, permettent de pratiques dépassements. Je me retrouve donc déjà bien positionné pour mon rythme (apprentissage du QMT!) lorsque le parcours se resserre en quittant la route, pour emprunter d'abord un sentier forestier, puis un sentier de randonnée. Les premiers 8 km se font en terrain plat ce qui permet de gagner du terrain sans trop de difficulté. Même si j'essaye de ne pas trop le faire, je jette de rapides coups d’œil à mon allure moyenne sur ma montre, qui indique moins de 5'00''/km. Wow, presque mon rythme sur route. Je suis encouragé, mais je sais que le pire est devant.

S'en suit une montée progressive sur la 15aine de kilomètres suivants qui m'amène sans trop de misère au premier ravito, au 22e km. Encore une fois, je suis étonné à quel point la course en sentier diffère de la course sur route. La diversité de terrains, les paysages changeants, la présence de la nature, l'introspection, font que les kilomètres défilent beaucoup plus vite. Comme je commence déjà à être tanné des gels et jujubes (même si je n'ai mangé qu'une infime partie de mes rations pour 4 jours), j'en profite pour manger une petite soupe, quelques bretzels et chips, une banane, pour remplir mon sac d'hydratation, bref je prends bien mon temps, ne sachant pas comment je réagirai à la suite jusqu'au prochain ravito, dans presque 20 km.

Je repars finalement, bien rechargé. J'ai bien pris mon rythme de la course, l'allure va bien, les réflexes toujours bien aiguisés pour éviter les obstacles. J'entame donc le milieu de la vingtaine de kilomètres avec l'impression d'être invincible, de pouvoir courir sans arrêt. Toute raison est bonne pour célébrer. À partir de 30e km, chaque kilomètre sera célébré comme une première! Je festoie particulièrement au 31e km, qui marque la mi-parcours (même s'il est appelé 65K, le parcours fait réellement 62 km). Je me surprends même à avoir une allure d'environ 5'15'' à l'approche du 40e km.

Une fois arrivé au 2e ravito (km 41), je tente de garder la même énergie, mais je sens que je commence à en perdre. J'ai plus de difficulté à manger. Juste à penser à un gel et j'ai envie de vomir. Même si les ravitaillements semblent délicieux, c'est en plusieurs minutes que je réussis à manger un bretzel. L’appétit n’y est pas du tout. Bref, je repars après quelques minutes, pas certain d'avoir adéquatement fait le plein. Mais bon, je me dis que si j'ai réussi à faire les 2/3, le dernier tiers ne sera pas si pire. Ce n'est pas long que je réalise que je me trompais. Une première bonne montée nous attend en repartant. Nous sommes deux coureurs à nous suivre et nous motiver à maintenir le rythme. Ce ne sera pas long finalement qu'il me sèmera. Je réussis tout de même à célébrer mon passage au km 42.2. Passé ce point, je pourrai réellement me considérer comme un ultra-traileux! Après 8 km, le prochain ravito est là. Je n'y resterai pas longtemps, sachant que rien ne rentre.

Plus que 15 kilomètres à faire, mais une nouvelle montée nous attend. Je sens que mon énergie est basse, j'ai terriblement mal dans les jambes, mes genoux me font souffrir. Je suis tellement soulagé de ne pas avoir écouté les discussions dans l’autobus et d’avoir emporté mes bâtons, ils soulageront mes genoux dans les derniers kilomètres. Émotivement, j'alterne entre des moments d'exaltations lorsque je franchis un kilomètre, à des sanglots soudains lorsque je capte du cellulaire et que je reçois un texto d'encouragement d'Isa. Ça me demande tout pour continuer à avancer et maintenir une allure "acceptable" dans cette satanée montée qui ne semble jamais se terminer. Mon mantra "un kilomètre à la fois" en début de course est devenu "un pas à la fois".

Plus que 10 km à faire...

La fin?

Je semble enfin voir la fin de la montée. Je regagne confiance et je suis encouragé par la longue descente qui marque les 8 derniers kilomètres. Comme rien n'est jamais fini tant que la ligne d'arrivée n'est pas franchie, ça me permettra de faire un dernier apprentissage de la course en sentier, plus précisément des ultra-trails : avec 50 kilomètres dans les jambes, une longue descente sur un sentier rocailleux n'est RIEN d'un soulagement.... J'ai l'impression que mes genoux vont exploser à chaque impact. J'ai terriblement mal aux jambes. Les bénévoles du dernier ravito m’encouragent au loin. L'émotion me donne que l'envie de lâcher un énorme sanglot. Je réussis à me retenir, merci aux lunettes de soleil (j'ai une certaine fierté tout de même). J'explose finalement de joie à la pancarte qui marque les 5 derniers kilomètres. Je me lance des encouragements à haute voix.

Vous pouvez vous en douter, les 5 derniers seront tout de même les plus longs. 3 kilomètres avant la fin, on commence à entendre l'animation du site. À chaque virage, j'espère apercevoir l'arche d'arrivée, mais c'est toujours une déception. Finalement, ce n’est plus qu'une petite côte qui me sépare. En haut, après le virage, je sens que ça y sera enfin. J'use un peu de stratégie : pour être en mesure de franchir les derniers mètres en courant (je rappelle, j'ai une certaine fierté tout de même), je marche dans cette dernière montée!

Ça y est, elle est enfin là! 62km plus tard, après des hauts, des bas et une gamme intense d'émotions, je la vois enfin cette tant attendue arche d'arrivée. Avec la fatigue, l'émotion et le manque évident de glucides, ce ne sera pas l'arrivée triomphale imaginée dans mes rêves. J'ai tout de même l'impression de la franchir avec assurance (les photos montreront pourtant le contraire). Je réussis finalement à discerner les meilleurs supporteurs au travers tout le soudain brouhaha de l'arrivée. Isa, mes parents Lucie et Michel, et Laïka sont là pour m'accueillir.

(Crédit photo : Francis Fontaine)

Épilogue

Ça me prendra au moins une bonne nuit de sommeil, plusieurs jours de repos et beaucoup d'anecdotes cocasses à raconter (comme la fois où je me suis moi-même surpris, en courant au travers les arbres, à simuler les virages comme si je conduisais une auto, les mains devant, certain d’être au volant) pour finalement redescendre de mon high.

Mais pour l'instant, alors que je suis à l'arrivée après 7h45min, une 42e position au classement général (sur 259 finissants), Isa qui me serre dans ses bras, mes jambes qui vacillent, Laïka qui me saute dessus sans comprendre ce qui se passe, je ne pense qu’à une seule chose : MISSION ACCOMPLIE!


Je tiens à faire une mise en garde qu'en aucun cas, j'encourage quiconque à se lancer aveuglément dans un défi physique important. Je ne minimise en aucun cas l'importance de l'entraînement et de la progression. Certaines personnes peuvent présenter des conditions qui nécessitent beaucoup d'entraînement et un suivi avec des professionnels du milieu sportif. Dans mon cas, il est vrai que ce fut une première expérience rapide d'ultra-marathon, mais comme mentionné, j'avais déjà pu tester dans différentes circonstances mon endurance physique. Ce récit se veut donc un encouragement à relever vos propres défis, en vous faisant confiance et en ne laissant que vous déterminer ce qui est possible de faire ou non.

Ceci étant dit, pour moi, ça ne s'arrête pas là! Si tout vas bien, vous me verrez en 2019 au Gaspesia 100 (Trans-Percé 100), au Quebec Mega Trail (50 miles) et sans aucun doute, pour relever un nouveau défi, à l'UT Harricana! Et oui ce sera le 125 km.

Vous avez apprécié ce récit et aimeriez suivre mon cheminement vers mon 125 km en 2019? Encouragez-moi à garder la motivation en donnant pour la cause affiliée à l'UTHC, qui me tient particulièrement à coeur! Chaque don compte! LIEN ICI


Jean-Sebastien Récits

9 Replies

  1. Superbe histoire JS. Je retrouve bien là toutes les émotions que j’ai pu ressentir sur des courses de distances similaires. Je vais pouvoir repartir à l’entraînement dans quelques semaines après 6 mois d’arrêt suite à une rupture du tendon d’Achille droit. Mon objectif, 80 miles et plus……

    1. Bien content que ça t’ait plu Nico et que tu aies pu revivre certaines émotions! Bonne chance pour ton retour, au plaisir de courir à tes côtés, qui sait peut-être dans ton coin! 🙂

  2. Salut Jean-Sébastien, félicitations pour l’accomplissement de l’UTHC, ton récit de course et le parcours pour s’y rendre est très inspirant. J’ai sensiblement le même profil que toi, surtout fait des demi-marathon sur route, jamais couru plus de 30K en sentier et je viens de m’inscrire au UTHC 65K, mais qu’est-ce que je viens de faire là!!! J’ai une question sur l’alimentation pour toi, mis à part les gels et les ravitos, est-ce que tu avais avec toi des aliments qui soutiennent un peu plus? J’entend plusieurs informations et trucs là-dessus, je ferai des essais pour voir ce qui me convient le mieux mais c’est toujours bon d’avoir des conseils d’un autre coureur qui a fait la même épreuve. Les boules de riz et gnochis semblent prometteurs à priori, ça tombe probablement moins sur le coeur que les gels et jujubes sucrés. Merci à l’avance et félicitations encore pour ta détermination.

    1. Bonjour Richard! Merci pour les commentaires et félicitations pour ton inscription à l’UTHC 65K! Je ne suis pas inquiet que tu vivras toute qu’une expérience. Pour répondre à ta question, à part « quelques » gels et jujubes, non je ne transportais pas d’autre nourriture. Sur une autre course après l’UTHC, j’ai tenté quelques alternatives, que je n’ai finalement pas vraiment consommé. Tu vas voir, Harricana publiera les détails de ce que tu retrouveras à chaque point de ravitaillement. Étant donné que c’est un aspect assez personnel à chacun, comme tu le mentionnes, le mieux est de faire tes propres tests à savoir ce qui passe et ce qui passe moins bien. Un truc que tu peux essayer est de trouver un parcours en boucle, d’environ la même distance qu’entre deux points de ravitaillement (soit entre 10-20 km), qui te permettra de repasser à ton point de départ à chaque boucle (ta voiture), où tu y aura laisser ta nourriture (pour simuler un point de ravito). Tu pourras ainsi tester ce qui passe bien en cours de course (sur la boucle) et une fois au « ravito ». Bonne expérimentation et bonne chance dans la préparation! Au plaisir de se croiser sur un sentier.

  3. Bravo pour ton 1er ultra !! C’est tellement d’émotions ! On devient de plus en plus motivé à dépasser nos limites dans ce genre d’épreuve physique.
    J’ai moi-même fait mon 1er ultra à UTHC 2018 ! Que d’émotions ! On est si fier(ère) de cette grande réalisation !

    1. Merci Kim pour ton message! Félicitations à toi également pour cette belle réalisation. Au plaisir de se croiser sur les sentiers!

  4. Super récit . J’avais mon dossard et j’étais dans l’église le vendredi soir pour la même distance . Je n’ai pas pu prendre le départ le samedi matin . streptocoque ma foudroyé durant la nuit 103 de fievre, 1 semaine a lhopital ! Quel timing de fou … Ça aurait été mon deuxième ultra . Je me reprends cette année avec plusieurs courses dans mon plan de match dont le gaspesia 100 en juin . Au plaisir de t’y croiser . Merci encore pour le partage c’était super à lire 🙂

    1. Merci Guillaume des commentaires. Wow en effet, quelle histoire de fou cette streptocoque la nuit précédente… Encore chanceux que ça ne se soit pas déclaré durant la course! Bonne chance pour ton plan 2019! Au plaisir de se voir à Percé en juin!

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