Rendre l’utile à l’agréable

Vous êtes comme moi, vous manquez quelquefois de temps pour faire tout ce que vous voulez? Ce sont vos entraînements qui écopent? Vos sorties de course ne sont pas aussi fréquentes que souhaité? Et bien pourquoi ne pas rendre l’utile à l’agréable, comme ils disent!

Depuis plus d’un an déjà, je pratique le run commuting, ou en français, faire la navette jusqu’au boulot (ou l’école) à la course. Sans nécessairement le faire méthodiquement tous les jours, déjà le faire 2 ou 3 fois dans la semaine me procure une bonne base d’entraînement, en plus de bien partir la journée de travail! Même si la liste d’excuses pourrait être longue pour finalement prendre son auto, je peux vous garantir que les bienfaits, autant sur l’humeur, sur la santé, sur l’efficacité au travail et sur la forme physique, en valent la peine. En fait, avec moindrement un minimum d’organisation et avec le bon équipement, il devient assez facile de commuter, été comme hiver.

La logistique

C’est ici l’aspect le plus important pour maintenir la motivation de partir à la course tous les matins, une fois toute la routine matinale effectuée. Voici quelques trucs.

La préparation de l’équipement. Assurez-vous que tout votre équipement soit prêt la veille, avant d’aller au lit. Le matin même, si vous devez prévoir toute la logistique de course, en plus de faire le café, le déjeuner, la préparation du lunch, le linge de rechange, sortir le chien, préparer les enfants… vous serez rapidement coincés dans le temps et opterez pour l’auto. Voici une liste d’items à préparer la veille :

- Linge de course (l’hiver, regarder la météo annoncée pour évaluer ce que vous porterez)

- Linge de rechange (ne pas oublier les sous-vêtements, sous peine d’être commando toute la journée… Fait vécu…)

- Serviette, savon, déodorant (en espérant que vous ayez accès à des douches à votre lieu de travail)

- Lunch. Évidemment, opter pour un lunch simple et léger, puisque vous aurez à le traîner. Des sandwichs ou salades sont de bons exemples. Éviter également tout contenant qui risque de couler, les ballottements du sac en courant ont tendance à faire dévisser les contenants… Fait vécu d’un pot Masson de lait au chocolat qui s’ouvre dans le sac…

L’itinéraire. Assurez-vous de trouver un itinéraire sécuritaire (surtout important en ville et l’hiver, qu’il soit bien déneigé), qui vous motive et vous encourage (sans côte, avec côte, sur trottoir, sur sentier, etc.). Il peut être intéressant d’avoir deux ou trois alternatives, si survient un urgent besoin de nouveauté certains matins. Votre lieu de travail est trop loin ou impossible à se rendre à pied (vous devez traverser 3 autoroutes)? Trouvez plutôt un arrêt d’autobus ou un point de RDV où un collègue peut vous récupérer, plus facilement accessible à la course. Vous ferez ainsi une partie du chemin à la course.

L’équipement

Après s’être assuré d’une bonne organisation et préparation, avoir le bon équipement est définitivement le second aspect qui vous fera apprécier vos déplacements. Quoique bien s’équiper dans une nouvelle discipline peut sembler dispendieux, dans le cas de la course à pied, on peut très bien s’en tirer sans trop vider son portefeuille. Avoir les bons produits pour certaines pièces d’équipement déterminera toutefois si vous réussissez à garder la motivation ou non dans ce cas plus précis des déplacements urbains à la course. En plus, ces équipements seront rapidement rentabilisés grâce à l’économie d’essence que vous ferez. Voici quelques aspects à considérer :

Souliers. Cet aspect pourrait faire l’objet d’un article à lui seul. Votre boutique spécialisée locale saura vous conseiller. Pour l’hiver, optez pour des souliers de course en sentier, avec de bons crampons. Des modèles en Gore-Tex peuvent être intéressants lors de conditions de neiges slusheuses ou pour garder vos pieds un peu plus au chaud. Sinon, certains modèles avec guêtre intégrée peuvent aussi apporter un bon avantage en empêchant la neige de rentrer. Personnellement, j’aime toutefois moins qu’une paire de chaussures soit limitée seulement à une utilisation hivernale.

Habillement. L’été, c’est assez simple : t-shirts ou camisole? L’hiver, c’est plus délicat. Comme pour la plupart des activités de plein air, optez pour la polyvalence du multicouche. Pour le bas, j’aime bien un pantalon ajusté (sans être un collant) qui est coupe-vent, mais non isolé. Cela me permet de le porter seule lorsqu’il fait environ -5 à -10oC, ou de le combiner avec un sous-vêtement long, d’épaisseur variable, lorsque la température chute. Un modèle que j’apprécie est le Wind Shield de Patagonia. Pour le haut, je vous conseille une veste qui sera légèrement isolée aux endroits importants (devant du corps et sur les bras) et très respirante ailleurs (dos et sous les bras). Encore une fois, selon la température extérieure, cette veste sera combinée à différentes « sous-couches » : t-shirt, manche longue mince, manche longue épais, etc. Mes choix testés et approuvés sont la veste Flight Ventrix de The North Face et la Nano-Air Hybrid de Patagonia, combinées à différentes sous-couches en laines de mérinos (très appréciées l’hiver pour ses propriétés thermiques). On termine le tout avec un petit manteau très léger, mais coupe-vent. La plupart du temps, il reste dans mon sac, et me sert seulement si j’ai mal évalué la température (plus froid ou plus venteux que prévu). De bons modèles : le Houdini de Patagonia ou le Better Than Naked de The North Face. Pour les extrémités, une petite tuque légèrement isolée en polar qui descend bien sur les oreilles, combinée à un buff, est un combo gagnant. Par temps très froid et venteux, cette tuque coupe-vent et ce couche-cou bien monté sur le visage sont mes meilleurs amis. Finalement, pour les mains, un simple petit gant mince fera bien le travail. Étonnement, je me suis tout de même retrouvé cet hiver a gelé quelques fois des mains, avec de simples petits gants, lorsqu’il ventait très fort. J’ai trouvé la solution avec ces gants, qui permettent de recouvrir les doigts d’une doublure coupe-vent lorsque nécessaire!

LE SAC! À moins que vous ne trouviez une logistique incroyable pour avoir du linge de rechange déjà à votre travail et que vous ne mangiez toujours au restaurant, vous n’aurez d’autre choix que de transporter votre linge, votre lunch et vos autres items personnels. C’est probablement la pièce d’équipement qui vous fera apprécier ou non vos déplacements à la course. Pour l’avoir vécu, un sac non confortable, dans lequel votre matériel ballotte d’un bord à l’autre, qui s’ajuste mal, etc… vous découragera à coup sûr. Optez pour un sac qui a tout de même une certaine structure (plus lourd que d’autres sacs très légers, mais vraiment plus agréable), de larges bretelles bien sanglées sur la poitrine et plusieurs ajustements qui permettent de serrer le sac selon son niveau de chargement. Un volume entre 15-20 L est suffisant, sans être trop gros. Idéalement, testez-le avant d’en faire l’achat. Pour ma part, après en avoir testé quelques-uns, je ne regrette aucunement mon dernier choix, le Osprey Duro 15.

À ne pas oublier. L’hiver, il fait noir tôt. Pensez emporter une lampe frontale. Le retour à la maison sera beaucoup plus sécuritaire. Je ne me passerais plus d’une lampe rechargeable, pour ainsi être toujours assuré de partir avec une lampe à pleine capacité. Pour son impression de ne rien avoir sur la tête, j’adore ma Petzl Bindi. Le cellulaire, toujours dans une pochette imperméable (pour protéger des intempéries, ou du lait au chocolat qui coule…).

Fin prêts!

Et voilà, ce n’est pas sorcier, vous êtes maintenant organisés, préparés et bien équipés pour commuter. Ça ne se passe pas comme prévu? Ne vous découragez pas. Faites des tests sur votre équipement, l’essai-erreur est suggéré. Modifiez ou raccourcirez votre parcours. Commencez moins intense, une fois par semaine. Trouvez-vous un collègue motivé qui veut courir avec vous! Bref trouver ce qui ne fonctionne pas et garder la motivation. Vous verrez, ça fait vraiment du bien (et qui sait, votre patron reconnaîtra peut-être l’augmentation de votre performance au boulot!).

On garde la motivation, peu importe la température!

Vous avez apprécié ces conseils? Allez lire mon récit du parcours m'ayant mené à courir un ultra-trail de 62 km l'été dernier. Je repousse le défi l'été prochain, en 2019, avec un 125 km. Ça vous semble fou? Moi aussi. Vous pourrez suivre mon cheminement d'ici là et souhaitons le, mon récit d'après course. En attendant, je vous invite à embarquer dans l'aventure, en m'encourageant à garder la motivation, en supportant la cause affiliée à l'UTHC, qui me tient particulièrement à coeur! Chaque don compte! LIEN ET DÉTAILS ICI


 

Jean-Sebastien Conseils pratiques

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