Ça y est, 2019 est déjà bien entamée (qui a vu passer le mois de janvier!?) et avec elle est sans doute venu son lot de résolutions. Au-delà des traditionnelles remises en forme et plans alimentaires, nous espérons que vos résolutions visent aussi à jouer plus dehors, mais aussi à diminuer votre impact sur l’environnement.

Plusieurs petits gestes peuvent être réalisés au quotidien (voir ici et ici pour des inspirations) et nous espérons que certains d’entre eux font déjà partie de votre quotidien. Par contre, en lien avec vos activités de plein air, vous êtes-vous déjà demandé quel était l’impact de nos vêtements techniques sur l’environnement ? Quel est l’impact des fibres textiles sur l’environnement, sur les écosystèmes marins et terrestres ? Et si cela était pire que ce que l’on pensait ? Comment s’y retrouver et faire les bons choix ?

Qu’est-ce que les microfibres ?

Les impacts de la production des vêtements sont bien connus depuis plusieurs années; pollution de l’air, monoculture, utilisation de pesticides pour la production de fibres naturelles, pollution des sols et de l’eau, utilisation du pétrole dans les fibres synthétiques, etc. Pour ajouter au portrait, nous entendons de plus en plus parler des microfibres comme étant une problématique majeure dans le monde du textile. Si vous connaissez le fameux « continent » de plastique, vous avez peut-être une idée de ce que sont les microfibres. Les microfibres sont des constituants textiles millimétriques (à peine visible à l’œil nu) issus de plastiques transformés et de composites tels que le nylon, l’acrylique et le polyester. Ces minuscules particules se détachent des vêtements à chaque lavage et se retrouvent donc dans les eaux usées. Étant si petites, les particules passent les systèmes de traitement des eaux et seront donc rejetées dans nos cours d’eau et ultimement dans les océans. Comme l’industrie des vêtements de plein air repose grandement sur l’utilisation des fibres synthétiques en raison de leurs propriétés, nous devons être conscients du problème et tenter de trouver des solutions.

Quels sont les impacts de ces polluants ?

Les microfibres ne sont peut-être pas aussi sensationnalistes que les sacs de plastique que nous retrouvons dans l’estomac des tortues ou sur nos plages, mais elles posent certainement un énorme problème sur l’environnement et la santé. En effet, une fois dans l’environnement, ces particules se lient avec les polluants tels les huiles usées, les pesticides ou les produits chimiques et sont ensuite ingérées par les organismes et peuvent même se retrouver dans notre assiette (oui oui)! En effet, les particules de plastiques qui se retrouvent dans l’océan seront ingérées par des petites bestioles marines que l’on appelle plancton (entre autres, le fameux krill dont les baleines raffolent). Étant à la base de la chaîne alimentaire, le plancton sera à son tour mangé par d’autres animaux, comme les baleines, mais aussi certaines espèces de poissons et de crustacés qui vont accumuler les polluants et plastiques ayant été ingérés par le plancton et qui se retrouveront donc dans notre assiette. De façon très simplifié, c’est de cette façon que les microplastiques peuvent voyager jusque dans notre estomac. Les conséquences sur notre santé ne sont pas encore claires, mais j’ai des doutes que cela soit très positif. Si vous voulez en savoir un peu plus, allez lire cet article juste ici.

Et maintenant, quelles solutions existent ?

Face à ces problématiques, quelles sont les solutions ? Nous devons quand même bien nous vêtir et tenter d’être confortables lors de nos sorties plein air. Bien que certaines technologies peuvent nous apparaître comme des solutions, il est important de faire la part des choses et de bien se renseigner.

  • La première solution simple consiste à diminuer les lavages de nos vêtements synthétiques. En effet, il n’est pas nécessaire de laver un chandail qui a été porté une fois pour une randonnée hivernale à -40° Nos vêtements resteront ainsi plus beaux plus longtemps et nous laisserons moins de microfibres s’échapper dans l’environnement.
  • Une deuxième solution serait d’opter pour des fibres naturelles, idéalement biologiques ou durables. Il existe en effet différentes alternatives aux fibres synthétiques, comme le coton biologique, la laine de mérinos, le Tencel, le chanvre, etc.
  • Afin de minimiser la quantité de microfibres rejetées dans les océans, il est important de prioriser des vêtements de qualité supérieure et d’éviter les vêtements bon marché qui se brisent après quelques lavages.
  • Vous pouvez également encourager les compagnies qui tentent de trouver des solutions au problème des microfibres et qui développent de nouvelles technologies.
  • Une solution qui peut être intéressante afin de limiter les émission de microfibres dans l’environnement est l’utilisation de la Cora Ball, un dispositif qui collecte les microfibres dans la laveuse. Après plusieurs lavages, des fibres s’y seront accumulées, et il sera alors possible de les ramasser et de les jeter à la poubelle. Je me demande cependant si l’impact des microfibres dans nos dépotoirs peut aussi être inquiétant… à suivre, puisque la compagnie essaie de trouver une solution pour recycler ces fibres.

Instinctivement, je vous aurais dit de magasiner vos vêtements usagés plutôt que d’acheter du neuf. Bien que je vous encourage fortement à le faire pour diverses autres raisons, il est important de savoir que plus les vêtements sont vieux, plus ils relâcheront de microfibres dans l’environnement. Cependant, aucune solution n’est parfaite et je crois personnellement qu’il est bénéfique à plusieurs niveaux d’acheter des vêtements usagés. Et qu’en est-il des vêtements faits de plastique recyclé ou de fibre recyclée ? A priori, ces options ne seraient pas la bonne solution en ce qui concerne les microfibres. En effet, certaines recherches suggèrent que les textiles synthétiques faits de matières recyclées ont une moins grande résistance que ceux faits de polyester ‘’vierge’’. Ainsi, Katy Stevens, chargée de projet pour le consortium ‘’European Outdoor Group (EOG)’’, les vêtements faits de matières recyclées pourraient diffuser encore plus de microfibres dans l’environnement.

Bien entendu, il n’existe aucune solution parfaite si nous prenons en compte l’ensemble des impacts environnementaux que pose la fabrication de vêtements. Il est donc important de s’informer sur l’ensemble des impacts et de faire des efforts qui conviennent à nos valeurs, à nos priorités et à notre portefeuille. En sensibilisant un plus grand nombre de personnes à l’impact environnemental de nos vêtements, que ce soit sur les océans, sur la forêt, sur les animaux, etc., nous serons de mieux en mieux outillés pour faire face au problème. Je vous invite donc à visionner cette vidéo qui résume bien la problématique des microfibres et de partager ces informations dans vos réseaux.

Isabelle gear

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